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Nous humains, bien avant les sciences et la technique
Avons, avec nos voix, créé un nouvel art
Rendant même les mots les plus bénins hypnotiques,
Nous avons appris à inventer des histoires.

Ô, combien en ai-je lues?
Combien en ai-je aimées?
Combien en ai-je vécues?
Combien vais-je en manquer?

J'aimerais crier l'amour que je porte à ces contes,
Ces vies qui nous ressemblent, quoique pas tout à fait,
Sont un drôle de miroir, du type que l'on raconte,
Et dont les mots face à nous renvoient un reflet.

J'aurai beau savoir que ces héros fabriqués
Ne sont rien qu'une fiction, que de la poudre aux yeux,
Quand ces histoires prennent vie, je ne puis m'empêcher
D'entrer dans leur voyage, devenir partie d'eux
Tout comme eux sont aussi une partie de moi,
Pourtant séparés par des mondes inaccessibles,
Lointaine proximité, accessible impossible,
Des univers d'écart, pourtant au même endroit.

Ces histoires prodiges jouent de mes cordes sensibles,
Tantôt elles me dévastent, tantôt elles m'émerveillent
Laissent tour à tour des joies et des plaies indicibles,
Toujours uniques, elles crééent des morceaux sans pareils.

Ainsi je réclame plus de vos guerres sans raison;
Vos meilleures ennemies; vos séjours à Amsterdam;
Vos vingt-deux minutes fois neuf et quelques millions;
Tous vos récits de vie, et vos étranges montagnes;
De l'affection que vous portez à ce robot;
Quand, regardant le ciel, vous voyez un château;
Des décennies plus tard, quand maman dit toujours...
Quand, quatorze ans après, il avoue son amour...

Des fois elles marquent à vie, bien souvent par hasard.
Nous ne sommes à l'abri, en fouillant nos mémoires,
De nous souvenir d'une voix d'enfant, qui, pleine d'espoir
Nous demande "s'il vous plaît, raconte-moi une histoire!"


23/03/2025

Ma chambre

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